L'un des plus grand frein dans son cheminement personnel est la croyance que l'on ne peut pas changer

L’ego. Voici un concept qui peut éclaircir « le pourquoi » de beaucoup de nos comportements. Je vous l’expose aujourd’hui comme étant un prisme par lequel vous pouvez vous observer pour arriver à mieux vous comprendre et dissocier ce que vous êtes de ce que vous n’êtes pas. Comprendre et appliquer ce concept permet de:

  • Gagner en liberté
  • De s’adapter plus aisément aux changements dans la vie (de toute sorte: ça va de « la première ride », à « j’ai perdu mon job »)
  • D’avancer plus sereinement et en accord avec son « vrai soi »
  • S’ aimer mieux (car on s’aime véritablement)

On va parler dans cet article d’ego comme il est abordé dans les cultures plutôt orientales.

Je vous expose tout de suite l’interprétation de l’ego qui ne nous intéresse pas aujourd’hui: l’égo/orgueil.  En occident on a tendance à synonymiser les deux concepts. Pour nous, souvent, EGO= Orgueil.

Mais cette notion est très loin d’être aussi riche que le concept qu’on va apprendre à utiliser.

On va plutôt parler de la notion en spiritualité orientale (d’ailleurs elle existe aussi dans les religions occidentales mais est assez souvent laissée de côté en tant que prisme de lecture des textes sains).

1. Mais qu’est ce que l’ego?

On peut le définir comme étant la représentation que l’on a de nous mêmes. Les cases dans lesquelles nous nous enfermons nous mêmes.

Je recommande toujours aux personnes avec qui j’aborde cette notion de visionner la vidéo ci-dessous. C’est un TEDX où intervient Laurent Gounelle. Il explique le concept de manière assez clair en 15 minutes.

Je reprends tout de même quelques points fort interessant :

  • on a tendance à se définir à travers de fausses représentations de nous mêmes (notre profession, nos qualités, notre religion, notre culture…)  et à se limiter à elles
  • on s’attache énormément à ces fausses représentations en pensant – et à tort- qu’elles nous permettent d’exister (nous sommes elles, elles sont nous)
  • on corrèle notre propre valeur à ces représentations (ce qui fait qu’on développe une estime de nous même conditionnelle et fluctuante: lorsque je fais mal mon travail je deviens inconsciemment/consciemment une mauvaise personne)
  • on s’enferme dans ses représentations qui nous empêchent in fine de découvrir le monde, évoluer, apprendre, d’expérimenter, sortir de la zone de confort de notre ego.. On finit par redouter les échecs car ils sont pour nous des remises en question de notre personne (notre ego en réalité) et non pas des apprentissages (cf. article sur l’échec)
  • notre image et l’image qu’on renvoie deviennent très importantes (on se crispe quand elles sont remises en question) car on se confond avec elles et nous n’avons pas le recul nécessaire pour comprendre que cette image ne peut pas faire fluctuer notre être

2- Comment et pourquoi ce concept aide à devenir plus « soi-même »

Ces besoins d’exister et de s’estimer, qu’on a tous en tant qu’être humain, orientent notre cerveau vers un attachement à des rôles qui nous enferment. Les fameux « je suis ». Mais finalement ce sont des tournures de phrases fallacieuses.

Pensez à toutes ces fois où les gens se décrivent comme étant « bornée » « fainéant » « pas du matin » comme ci c’était immuable.

Nous ne sommes pas et n’avons jamais été ni nos comportements ni notre métier, ni notre passion, ni notre religion,  ni nos possessions, ni nos qualités ou ni nos défauts…

Nous avons fait des choix, nous avons « pratiqué des rôles » mais nous se sommes pas eux.

La preuve: même au chômage dépourvu de notre métier on continue d’exister, si on change de religion ou cesse de croire ou de pratiquer, on continue d’exister. Et on peut même continuer de grandement s’estimer si on le choisit!

En m’interrogeant durant mes recherches pour cet article, je me suis remémorée tous les attachements que j’ai pu avoir au cours de ma vie « je suis de telle origine » « je suis de telle religion » ‘je ne suis pas organisée » par exemple.

Et je me suis demandée si je faisais un test ADN, par exemple, et me rendais compte que mes origines n’étaient pas celles que j’ai pu penser jusque là, serais-je toujours la même personne?

Bien sûre, je me sentirai toujours aussi profondément « moi », ça ne changera rien à mon « essence ».

Et j’ai aussi pensé aux « je suis courageuse » « je suis intelligente » qui peuvent paraitre bon de penser. Finalement devrait-on adopter ce genre d’ego?

Se dire ça revient également à se limiter, non? Lorsqu’on fait une chose pour la première fois (par exemple résoudre un problème de mathématique) et qu’on n’y arrive pas, la première chose qu’on va se dire si on est dans cette optique n’est pas « peut être que je ne suis pas intelligente en fait »? Comme si l’ego était touché et avait peur de disparaitre. 

Et rapidement nous voilà en train de commencer à éviter tous les domaines qui peuvent remettre en question cette intelligence. Parce qu’on ne veut pas perdre « cette intelligence ». Perdre cette image de nous intelligent est très douloureux. Si je ne suis pas intelligent, qui suis-je ? Bête? 

La meilleure façon de bloquer un apprentissage. 

De cette manière, je vais développer soit un ego qui me pousse à éviter toutes difficultés et me complaire dans « je suis intelligente » soit un ego qui change et devient « je suis bête ». Et je m’y complairait aussi en évitant toutes les activités que je pense être pour les personnes intelligentes, parce que « ça sert à rien je suis bête ».

D’ailleurs j’ai découvert, dans le formidable livre « Mind set » que le test de QI a été inventé non pas pour mesurer une intelligence immuable mais bien pour mesurer dans certains domaines l’évolution (positive comme négative) de cette intelligence. Dans le but d’améliorer les techniques d’apprentissage, pas dans celui de mettre des gens dans des cases.

Je tiens à bien préciser que je n’encourage pas du tout à nier nos capacités et nos incapacités mais plutôt apprendre à ne pas les généraliser et ne pas s’y attacher.

Alors que si on prend du recul sur ces représentations et on s’en détache, on fait de la place à l’expérience humaine. On se rend disponible pour vivre pleinement sans limitation notre chemin sur terre. Prêt à accueillir tout ce qui se présente à nous.

Vous vous demandez peut être alors, dans ce cas qui sommes nous vraiment?

J’aime voir ça de cette façon: je suis une sorte de noyau (certain dirons une énergie, un esprit une âme… : le terme n’est pas important!). Ce noyau ne fluctue jamais. Il est complet et reste intact quoi qu’il arrive. Tout ce qu’il y a autour ce sont des choix ou des circonstances (si par exemple j’ai un handicap) qui n’auront jamais d’impact sur le noyau.

On s’accroche à toutes les représentations qu’on peut avoir de nous même en pensant que c’est fondamentalement nous (même non intentionnellement). On pense même que les entretenir nous permet de nous faire du bien. Mais c’est l’inverse qui se produit!

Je repense à toutes ces fois où je me suis identifiée à des choses qui réduisaient qui j’étais, je me limitais moi-même en me mettant des barrières mentales. 

Comprenons nous bien, j’ai dû passer par là pour devenir la personne que je suis aujourd’hui, mais je sais que je suis passée à côté de beaucoup à cause de ce prisme. 

Par exemple, je me disais que j’étais une personne qui ne lisait pas (alors qu’aujourd’hui je dévore des livres au moins une fois par semaine). 

Pas grand chose en soi mais ça peut aussi être une énorme source de souffrance.

J’ai un exemple assez frappant: celui de la personne qui vieillit.

D’ailleurs cet exemple me fait remarquer à quel point la vie nous pousse à nous défaire de notre ego: on perd une partie de notre intelligence, de notre beauté (selon les critères mis en place), de notre mobilité, mais devenons nous réellement une autre personne?

Et cette personne qui vieillit et voit des rides apparaitre sur son visage peut très mal le vivre. Elle voit une détérioration de ce à quoi elle s’identifie: son physique (surtout si c’est une femme étant donné notre conditionnement).

Notre société de consommation joue énormément sur notre égo pour qu’on achète des choses dont nous n’avons pas besoin pour nous rassurer sur note ego. Vous vieillissez? Avez des rides? Vous n’êtes plus la jeune et belle personne que vous étiez? Nous avons le solution: voilà sur le marché 20 000 crèmes « anti ride » qui vous aideront à rester vous même (formulation interessante: anti quelque chose qui va de toute façon arriver).

Ne serait il pas plus sain qu’on se dise: ok mon corps évolue et ma valeur ne dépend pas de ce corps. Il est mon véhicule, un don, mais sa beauté ne me fait pas plus exister que quelqu’un d’autre. Le fait qu’il change fait partie du jeu.

Parce que sans ça notre valeur se mesure à l’aune de notre richesse, notre physique, notre intelligence… Et nous devenons excessivement attachés à la dimension de notre compte en banque, à notre beauté, à notre jeunesse… Alors que nous ne sommes pas ces choses et que fondamentalement, si on choisit un autre mode de pensée, notre valeur n’en dépendra pas.

S’entrainer à voir où notre ego joue un rôle réducteur peut changer profondément notre rapport à nous mêmes.

3- Comment s’approprier le concept

D’abord il est intéressant de remarquer que tous nos egos même les plus réducteurs sont là pour nous protéger. On devient une personne « comme ci » ou « comme ça » parce que c’est plus simple de se protéger en se disant que grâce à telle ou telle chose je sais qui je suis. Je pense alors connaitre mes limites et mes forces et agis en conséquence. 

Malheureusement, ils nous desservent bien souvent et nous enferment dans un monde fade.

Concrètement si on veut faire le point sur nos égos, il va falloir se poser des questions assez simples: qui suis-je? comment je me vois? Et répondre sincèrement ce qu’il vient en tête. 

Si rien ne vient, je vous conseille de faire une liste de 20 choses qui vous définissent.

Demandez vous comment vous décrivez vous à un inconnu? Votre prénom et nom? Votre profession? Vos qualités? Vos défauts? Votre caractère?

Maintenant faites (un peu comme dans la vidéo), des contres argumentaires.

Je ne peux pas être mon argent car si je le perds, je reste moi. Donc mathématiquement il n’a rien avoir avec mon « moi ». Je ne peux pas être mes qualités car une personne qui aurait exactement les mêmes serait quand même une autre personne. Je ne peux pas être ma beauté car…

Ça peut paraitre bateau mais ça fait son grand effet!

4. Se débarrasser de l’ego?

1) Accepter son ego

Le but pour moi n’est pas de quitter son ego. Je considère que ce n’est pas possible (si ça vous intéresse certain courant spirituel vise à ça: kombolini, ).

On aura toujours une perception de nous même qui n’est pas objective (car elle ne peut pas l’être lorsque nous nous jugeons).

L’objectif est plutôt d’apprendre à vivre en collaboration avec lui. Il est comme un moteur et selon comment il est modelé, notre monde ne sera pas le même.

Accepter qu’il existe et savoir remarquer qu’il nous fait croire que l’on est ce que l’on est pas est un excellent exercice. Remarquer lorsqu’on adopte de pensées « estime conditionnel » ou « amour conditionnel ».

Adopter  pour ça une posture d’observation sans jugement ni désapprobation. Juste observer. Etre curieux de soi même.

On peut dans un premier temps se focaliser là où nos sommes le plus « crispés ».

Avoir connaissance des localisation de ses egos réducteurs est une première étape importante.Arriver à ces étapes là, lorsqu’on arrive à bien  comprendre et appliquer le concept, on se demande souvent comment « se débarrasser » de cet ego (plutôt ses egos comme vous l’avez compris on s’identifie tous à un tas de choses).

Comment fait-on pour évoluer maintenant?

2- Modeler son ego

En fait l’égo ce sont les pensées qu’on a à propos de nous même (comme notre valeur, notre capacité…).

D’abord, la confusion entre la réalité et ce que nous pensons de la réalité peut être une grande source de souffrance. 

L’enjeux ici est de distinguer ce qui relève de la réalité de nos pensées et de remarquer que toutes nos pensées sont optionnelles.

Les « mais si je n’ai plus argent je ne suis plus rien » et même les « si je ne réussis pas je vaux rien » et compagnie.

Tout ça est optionnel. Ce n’est pas la réalité. C’est un choix de perspective face à la réalité et vous avez le pouvoir d’en faire un autre.

« je ne suis pas quelqu’un de sociable » est un choix de pensée. 

La réalité est toujours factuelle, dénuée de tous jugements. Elle ressemblerait plutôt à « lorsque je suis en présence de personnes que je ne connais pas, mes mains deviennent moites et mon pouls s’accélère » par exemple.

Remarquez le et faites la distinction le plus souvent que possible.

Ensuite, adopter des pensées plus en accord avec nos valeurs est un moyen de se construit un ego plus sain. 

Par exemple, je choisis personnellement de penser que notre valeur est intrinsèque et ne peut être détériorée. Elle est incommensurable. Le simple fait que vous soyez un être humain vous garanti cette valeur. 

Quoi que vous faites quoi que vous dites quoi que vous pensez, votre valeur reste intacte. C’est ma perspective et vous pouvez me dire tout ce que vous voulez elle ne changera pas car elle est très encrée. 

Vous pouvez aussi vous dire que vous êtes un apprenant. Rien ne vous ai acquis et avec des efforts, tout peut être accomplis.

Qu’est ce que vous choisissez de penser sur vous ? Vos choix sont infinis et personne ne pourra vous enlever votre capacité à croire en n’importe quelle pensée.

Aussi, je garde toujours à l’esprit que le travail sur l’égo et un travail perpétuel. Personnellement, je le modèle en fonction des objectifs que je me fixe.

5- La gratitude

Notre cerveau est un outils très puissant. Il s’adapte à absolument tous les comportements que nous lui apprenons. Il devient même très efficient dans la reproduction automatique de ces comportements.

S’il a été programmé pour voir tout ce qui n’allait pas dans notre vie, il va continuer à le faire et cela très efficacement.

Heureusement le cerveau change.

Oui, parce que lorsque pour nous tout va mal (notre cerveau est réglé sur « le vie c’est de la… »), on a tendance à non seulement nous surprotéger mais en plus à être très auto centré.

Et ça, ça c’est du pain béni pour notre égo. 

Déjà on va chercher des raisons à « pourquoi tout va mal »  et très souvent se blâmer. C’est de ça que va se nourrir l’ego. Celui qu’on veut éviter. « Je suis malchanceux » (donc j’évite toutes les situations ou je considère qu’il faut de la chance). « Je suis nulle » (donc j’évite toute les situations ou je considère qu’il ne faut pas l’être). Eh oui on essaye de se protéger: éviter au maximum de se retrouver dans des situations avec trop d’émotions négatives où notre cerveau a la sensation d’être en danger.

Un merveilleux moyen de recabler son cerveau lorsqu’on a ce type de schéma est d’adopter la gratitude. Au début, il est possible que vous fassiez face à certaines difficultés si vous êtes dans le schéma inverse!

Nous avons tous un biais de confirmation: si vous croyez que vous êtes maudit, votre cerveau vous filtrera tout ce que vous vivez pour vous donner raison. Toutes les preuves contraires seront écartées ou réinterprétées pour correspondre à votre croyance. C’est le cas quelque soit l’ego que vous avez. 

Donc, commencer à penser que vous avez de la chance va vous demander un effort conscient.

Mais plus vous ferez l’exercice, plus votre cerveau sera à l’aise. A un moment donné ça deviendra le chemin qu’il enfreinte naturellement sans effort. Le cerveau est malléable mais il a besoin de temps pour changer.

Passer de « je subis la vie » à « je suis béni » change beaucoup la donne. On adopte un ego qui nous permet d’explorer la vie. Plus libérateur. 

Alors je vous souhaite de voir  et  comprendre beaucoup de vos égos, beaucoup de travail sur votre esprit et une belle libération!

Vous êtes vous reconnus ? A laquelle de vos identités êtes vous le plus attachés ? Avez vous remarqué certaines difficultés liées à vos identités ? Si oui, avez vous des pensées qui vous aide à vous en détacher? Ca m’intéresse ! Dites moi tout en commentaire 

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