Cet article va vous faire voir la fainéantise sous un autre angle pour vous permettre d’arrêter l’auto-flagellation plus connu sous le nom de « je suis fainéant » « de toute façon je n’aime pas travailler » and co.

Je tiens quand même à être très claire avec vous mes très chèr.e.s lectrices/eurs.

Ce que vous allez apprendre ici n’est pas non plus une excuse déculpabilisante pour vous laisser flâner lorsque vous avez des choses à faire qui vous tiennent à coeur!

Ne soyez ni complaisant avec vous même ni dans l’auto-flagellation (enfin vous faites ce que vous voulez mais ce n’est pas ce que je conseille: bienveillance et amour envers soi peuvent mener très loin sereinement).

Cet article a pour but de vous proposer un état d’esprit qui prend en compte les tendances naturelles de l’espèce humaine afin d’avancer plus paisiblement vers vos objectifs.


I- Notre aversion naturelle à l’effort

I.1.L’outils qui m’a aidé à faire le point sur mon auto-flagellation

J’ai récemment écouté un livre audio qui m’a fait avoir un déclic intéressant que je partage aujourd’hui. 

D’abord il faut savoir que j’ai pu penser souvent que j’étais fainéante. Je me culpabilisais et ensuite ne faisais plus rien (trop démotivée par cette pensée de départ= cf modèle de Brooke et biais de confirmation). 

Avant de partager avec vous ce déclic, je tiens à vous préciser qu’une des étapes importantes de mon hygiène mentale est de faire le point sur mes pensées. Toutes mes pensées (constructives, destructives…).

Pour ce faire, j’ai mis en place une routine de « flot de pensée ». Exercice qui m’a été proposé par Clautilde du Soullier et Esther Taiffet à travers leur podcast respectif (change ma vie et se sentir bien) et à l’aide du soutien d’Esther grâce à  la « communauté« . 

En bref, qu’est ce que le flot de pensée? C’est un exercice des plus simples consistant à se poser et mettre sur papier ou ordinateur tout ce qui vous traverse la tête soit durant un temps imparti soit sur un nombre de pages préalablement défini soit jusqu’à épuisement de vos pensées sur le sujet.

Cet exercice, je pense, est plus efficace lorsqu’il est réalisé en fin de journée. 

Je vous invite à essayer, c’est très interessant de constater, au fil des flots, les pensées récurrentes qui nous traversent. 

Vous pouvez le faire de manière libre: sans qu’aucune question n’ai été posée. Ou vous orientez votre flot avec une question du type : « qu’est ce que je pense de ma relation avec …? »

J’ai donc constaté à travers cette exercice qu’une des pensées qui me traversait souvent l’esprit était « je suis fainéante » ou « j’en fais pas assez »…

Ce genre de pensée culpabilisante n’aide pas beaucoup à faire avancer les choses. C’est en tout cas pas un état d’esprit qui me permet d’être efficace et d’avancer comme je le veux: sereinement.

C’est un choix de pensée que j’adoptais face au constat que parfois il m’est plus agréable de flâner que d‘être en activité et aussi que de passer de la flânerie à l’activité me demander un certain effort. 

I.2. L’économie d’énergie, cerveau et évolution de l’humanité

Aujourd’hui j’aimerais partager un fait qui m’a aidé à comprendre beaucoup de chose sur l’être humain et m’a aidé a changé d’état d’esprit.

De passer de : je suis fainéante, c’est moi, c’est dans ma nature à : nous sommes tous programmés pour faire le moindre effort ce qui ne veut pas dire qu’on ne peut pas faire autrement.

C’est en écoutant le livre « vaincre peur et culpabilité grâce à l’autohypnose et aux neurosciences » de Bernard Sensfelder que j’ai compris que durant l’évolution de notre espèce il est apparu nécessaire de conserver notre énergie dès qu’on le pouvait pour des moments où on en aurait besoin pour notre survie (par exemple = une fuite) .

Vaut mieux rester sur le canapé à flâner et économiser notre énergie au cas où un lion déboulerait et il faudrait courir. 

Je me suis donc dit: le fait de vouloir ne rien faire (être fainéant) n’est donc pas inhérent à certain être humain (dans leur caractère) mais plutôt à tous dans un but précis. Notez que dans notre société productiviste le fait d’économiser l’effort est connoté très négativement (cf le terme « fainéant »).

Mais le fait de vouloir faire le moins d’effort possible est plus de l’ordre de la circonstance ( même si il peut être très fortement accrue par nos pensées). A partir de là, nous pouvons également faire des choix de pensée constructive face à cette circonstance qu’est l’envie d »économiser notre énergie.

Un article de Science et vie est venu étayer cette idée: « la paresse est un don de l’évolution ».

Et voilà quelques uns des trucs que je retiens:

  • cette tendance innée à paresser semble pouvoir être réduite par la pratique sportive
  • elle dépend aussi de nos gènes et notre cerveau (on a tous cette tendance mais elle est plus ou moins prononcée chez les personnes)
  • les especes qui avaient le métabolisme le plus lent étaient aussi celles qui avaient le taux d’extinction le plus bas (l’économie d’énergie est une stratégie payante concernant le survie)

« La science a donc tranché : si, comme Jules Renard, nous nous sentons tous parfois « surmenés de paresse », ce n’est pas forcément le symptôme d’un défaut de volonté, d’une déprime hivernale ou d’une éducation trop laxiste, mais simplement l’expression de notre nature humaine. »

Je pense que c’est le bon moment pour vous rappeler que cet article tend à vous proposer un état d’esprit qui vous aide à atteindre vos objectifs plus sereinement et non vous déculpabiliser pour vous laisser aller à la procrastination.

Nous sommes tous plus ou moins habités par cette tendance naturelle a préférer ne rien faire plutôt que de se mettre en activité jusqu’au moment ou ne rien faire devient plus inconfortable que de se mettre en activité (par exemple quand on a faim, bouger de ce canapé n’est plus si fatiguant hein). Le but de notre cerveau primaire étant de garder l’énergie que pour les choses qui ont un intérêt pour lui. Et deux choses ont d’office un intérêt pour le cerveau: la fuite d’une souffrance ou la recherche du plaisir (ça va nous servir de savoir ça pour la deuxième partie!).

I.3. Vers une nouvelle étape de l’évolution

Cette tendance nous a permis de survivre et d’évoluer. Mais aujourd’hui nous sommes dans un monde, pour la plupart d’entres nous, où nous n’avons plus besoin de cette énergie pour fuir un danger qui nous guetterait tous les jours.

Nous n’avons plus besoin de cette énergie pour faire des heures de marches dans l’espoir de trouver quelques choses à manger en cas de famine soudaine.

Non, nous avons des supermarchés, des transports en commun, une organisation et des règles qui nous protègent. Nous vivons loin des animaux qui peuvent être vu comme nos potentiels prédateurs.

Je pense que nous sommes plutôt dans une autre étape de notre évolution, cette fois tournée vers notre épanouissement.

Seulement voilà, nous gardons le corps et le cerveau qui nous avait servi jusque là à survivre. Notre cerveau a gardé ce besoin d’économie d’énergie qui n’est plus adapté à son environnement.

A partir de là comment faire pour passer au delà de cet état de fait? 

Déjà le simple fait de se dire que ce n’est pas nous en tant que telle qui avons « un problème » mais le simple fonctionnement de notre cerveau sain d’humain normalement constitué, fait du bien.

A priori si vous ressentez un jour cette envie de ne rien faire, c’est que vous êtes un humain plutôt en bon état de fonctionnement!

Mais pour atteindre nos objectifs il va falloir dépasser ça! Devenir le patron de son cerveau, son parent (car il peut agir comme un vrai enfant) et lui dire tranquillement que non nous ne sommes pas en danger de mort et ne le seront certainement pas dans les heures qui suivent (oui oui cerveau je peux m’assoir pour écrire cet article même si ça demande de l’énergie.)

II Manager son cerveau

J’ai la sensation que dans notre société, le fait de faire quelque chose « qui est fait pour nous » et perçu comme devant être indolore. Si vous faites quelque chose que vous aimez alors il y a pas à se forcer. Ça va venir tout seul et vaut mieux « le sentir venir ».

Ce type de pensée vous amènera qu’à un seul endroit: le pays de la procrastination (là ou Netflix régit tout)D

II.1  Distinguer de la perte de motivation, la fuite et autres circonstances

Avant la mise en place de stratégie pour palier à ce besoin d’économie d’énergie il est très important de le distinguer de la perte de motivation face à un projet ou de la fuite qui seraient liées à des pensées entravantes. Pour cela je vous renvoie au début de l’article et à l’exercice du flot de pensée. N’hésitez pas à en faire un qui soit orienté avec une question du type: pourquoi je procrastine sur (…)? A quoi ressemblerait ma vie si j’arrêtais de procrastiner (en détails)? Quel bénéfice j’ai à faire (…) plutôt que ce que j’avais prévu? Si rien ne vient la première fois ce n’est pas grave. Reposez vous la même question quelques jours plus tard, le temps de laisser l’idée infusée dans votre esprit.

Il est possible que vous tombiez sur des réponses telles que « je suis incapable de mener cela à bien » « et si j’échouais » « de toute façon ça ne marchera pas ».

Si c’est le cas faites un modèle de Brooke Castillo sur ces pensées. Remarquez quel résultat vous obtenez dans votre vie en pensant ainsi. Vous pouvez aussi faire des modèles volontaires (si pour vous c’est du chinois: Modèle de Brooke Castillo).

Si votre problème est que vous avez peur de l’échec (j’ai pu remarquer que c’était une peur très bloquante), alors je vous encourage vivement à lire cet article: Pourquoi j’aime l’échec et vous devriez aussi .

II.2 Apprendre à ne pas se laisser tomber, à planifier et programmer des temps de paresse

Je pense qu’apprendre à ne pas se laisser tomber est une compétence sur laquelle il faut investir du temps et de l’énergie. C’est celle qui pourra vous mener très loin mais elle s’apprend!

Dans un premier temps il faut savoir où l’on va. Se fixer des objectifs. Oui se fixer des objectifs peut faire peur et c’est même bon signe (ils sont assez élevés). Non les atteindre ne demandera pas aucun effort, il faudra vous y investir, vous organiser et y mettre du votre.

Soyez clair avec vous même: pourquoi vous vous fixer cet objectifs? quelles sont vos motivations profondes? Savoir où et va et pourquoi est très puissant.

Vous organisez? Yes je vous recommande très fortement de construire un plan avec des actions concrètes à réaliser pour atteindre votre objectif. De prendre ces actions et de les planifier. C’est là que la compétence « je ne me laisse pas tomber » va vous servir. Lorsque vous devrez vous mettre à la tâche en question. Il y aura certainement un inconfort du à l’économie d’énergie mais avec tout ce que vous venez d’apprendre vous êtes armés de pensée qui vont vous aider à construire de belles choses.

Si vous avez peur de ne plus faire des choses simples que vous aimez et ne vont pas dans le sens l’atteinte de vos objectifs: programmez-vous des « temps de paresse » (visionner des films …).

S’éloigner des pensées culpabilisantes comme des pensées déculpabilisantes pour construire ce qui nous tient à coeur est un merveilleux cadeau qu’on est tous capable de se faire.

II.3 Contourner la paresse naturelle du cerveau : les chemins neuronaux

Vous pouvez aussi vous servir de ce système d’économie d’énergie pour votre propre bien être.

Il est intéressant de noter que plus vous faites une chose, moins elle demande de l’énergie à votre cerveau, moins vous aurez de la résistance à la faire.

C’est le formidable mécanisme des chemins neuronaux et des habitudes. J’adore l’analogie d’Esther Tallifet à ce propos: vos chemins neuronaux sont comme des routes. Votre cerveau par soucis d’efficacité emprunte les routes les mieux faites. Lorsque vous faites quelque chose pour la première fois, vous mettez un premier parpin pour construire une nouvelle route. Au début la route est broussailleuse. Plus vous faites cette chose (ça peut être le simple fait d’avoir une pensée), plus vous allez renforcer cette route jusqu’au jour où elle deviendra une autoroute high-tech très confort. Alors votre cerveau l’empruntera très facilement.

Faire cette chose deviendra un automatisme (comme vous brossez les dents le matins ou autre). Encrée de nouvelles habitudes sont vos objectifs eux mêmes (ex le sport) ou qui vous aident à atteindre vos objectifs fera alors devenir le processus « je m’y mets » de moins en moins douloureux.

II.4 Mettre en place des récompenses saines

La résistance du cerveau à faire les choses peut être contournée par une petite astuce: votre cerveau aime être récompensé. En effet le cerveau primaire a cette résistance à l’effort dont je vous parle depuis le début mais cette résistance qui a pour but de garder l’énergie que pour les choses qui ont un intérêt pour lui. Et deux choses ont d’office un intérêt pour le cerveau: la fuite d’une souffrance ou chercher le plaisir.

Lorsque vous récompensez votre cerveau grâce à un plaisir et associez cette récompense à quelque chose de bénéfique pour vous (le sport par exemple), vous allez créer une machine à faire ce que vous voulez réellement faire.

Avoir un tracker des choses que vous deviez faire suffit à vous procurer votre shoot de dopamine (il existe pas mal d’application pour ça). Faire un bilan à la fin de semaine en établissement toutes les bonnes choses que vous avez faites et qui vous permettent d’aller vers votre objectif est aussi très bien.

II.5 Visualiser les bienfaits des tâches exécutées

La neuroplasticité

La visualisation peut être un outils extrêmement efficace.

II.6 faire du sport

Selon certaines études l’activité des aires cérébrales impliquaient dans l’aversion à l’activité tendent à varier en intensité en fonction de la pratique sportive quotidienne des participants. Cette « préférence cérébrale » pour l’inactivité pourrait être réduite par la pratique sportive. Mais elle restait toujours présente : « Des mécanismes cérébraux innés et automatique semblent donc s’opposer, chez chacun d’entre nous, au fait de se bouger », en conclut Boris Cheval.

Résumé

  • créer des chemins neuronaux aisés à prendre pour votre cerveau (les habitudes) 
  • fixer des objectifs clairs (être sure des raisons…) et se créer une récompense saine
  • se programmer des temps de paresse
  • visualisez les bienfaits d’une tâche effectuée
  • organisation et planification
  • faites du sport
  • distinguez de la perte de motivation
  • paresse ou fuite (peur de l’echec, peur de la réussite, peur de la réalisation de la tâche…)
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